Débat Anne Le Strat

Le lundi 16 novembre 2015, le Collectif de l’Eau a organisé un grand débat sur la régie publique de l’eau, avec Anne Le Strat, qui a créé la régie publique EAU DE PARIS. Un débat avec une salle bien remplie, au cinéma La Pandora, qui a bien voulu nous accueillir après que la salle de la mairie ait été fermée suite aux attentats. On a parlé à la fois des difficultés liées à l’inertie politique et au problème de la délégation en communauté d’agglomération, mais également de ce que pourrait être une régie publique avignonnaise, voire une régie publique du Grand Avignon (qui pourrait s’appeler Régie publique des deux rives, eu égard à l’emplacement des villes concernées de part et d’autre du Rhône) à travers l’exemple de Paris. Rêvons un peu !… et que ce rêve devienne réalité.                                                                                                evenement_fbk

Quelques notes prises pendant le débat :

Depuis 1985 l’eau de la ville de Paris avait été déléguée au privé par Jacques Chirac, avec des contrats qui semblaient littéralement écrits par les délégataires privés eux-mêmes. Lors de la deuxième campagne de Delanoë, la régie publique a fait sont apparition dans le programme. Puis, avec sa ré-élection en 2008, cette régie a été mise en œuvre sur un temps très court de un an et demi. Elle été rendue opérationnelle le 1er janvier 2010, desservant trois millions d’usagers au total, avec 950 employés.

Le deux principes fondateurs ont été :IMG_0838 (1024x683)

  • L’eau est un bien commun, pas une marchandise.
  • La régie est un service public dans l’intérêt des usagers.

Les principaux avantages de cette régie publique :

  • Des économies immédiates : malgré un audit indépendant qui avait prédit aucun gain, entre 30 et 35 millions d’euros ont été économisés dès la première année (sur 220M € de budget total).
  • La facture a automatiquement baissé de 8% alors qu’elle était en perpétuellement augmentation.
  • Mise en place d’un ensemble de mesures sociales pour les précarisés : pas de coupures, même dans les squats. Le FSL (fonds de solidarité logement) eau a été multiplié par quatre.
  • Investissement : 70M € par an.
  • Préservation de la ressource : la régie a travaillé avec les agriculteurs sur les champs captants (pesticides…)
  • Personnel : l’intégralité des anciens salariés a été transférée dans la régie sans perte de salaires, et avec une harmonisation sociale.
  • Démocratie : le conseil d’administration de la régie est constitué du triptyque : élus/représentants d’associations et observatoire parisien de l’eau/ représentant des salariés/ . Tous votent les décisions.
  • La participation des associations d’usagers a obligé à rendre lisible les comptes et documents au plus grand nombre.
  • Pas de dividende : l’eau à son juste prix.
  • Un service et des emplois de proximité.